Vous êtes ici : Accueil > Le Barreau > Historique > SCIENCE ET CONSCIENCE

Le Barreau

Historique

Chronique du temps passé ..ou Histoires du Barreau d'Aix en Provence par Monsieur le Bâtonnier Charles COHEN.
Voici la liste des Chroniques disponibles - Cliquez sur le titre d'une Chronique pour lire l'article complet

Chronique n°18 > SCIENCE ET CONSCIENCE

Le 1er avril 1903, le Bâtonnier Sylvius DAVID, Bâtonnier de l’Ordre des Avocats à la Cour d’Appel d’AIX-EN-PROVENCE, prononçait un discours à l’intention de ses jeunes confrères, sur la pratique professionnelle reposant, selon lui, sur deux mots fondamentaux : SCIENCE ET CONSCIENCE. Le Bâtonnier Sylvius DAVID proclamait, ainsi, que le métier d’avocat était d’étudier, sans cesse, et de tout savoir, réunissant en lui la Science de la Loi, la Science des choses et la Science des hommes.
SCIENCE DE LA LOI ?

N’a-t-on pas dit que l’avocat était la Loi parlante et qu’il en était l’incarnation tant il devait l’assimiler et s’en pénétrer ?

Mais quoi de plus difficile !…avec le dédale des lois innombrables, chaque jour accru, avec les obscurités, les lacunes, les imperfections, les contradictions de la loi !

SCIENCE DES CHOSES ?

OUI ! Car la loi et les procés modernes concernent tous les domaines et qu’il faut être prêt à les aborder tous, aussi nombreux soient-ils .

SCIENCE DES HOMMES ?

La plus épineuse de toutes parce qu’elle pénètre ou croit pénétrer les arcanes de l’esprit et du coeur humain, de ce coeur qui a des raisons que la raison ne connaît pas.

SCIENCE DES HOMMES, c’est-à-dire psychologie, stratégie, diplomatie.

Et le Bâtonnier Sylvius DAVID d’encourager les jeunes avocats à passer d’une science à l’autre, d’une branche à l’autre.

« Changer », disait- il, « est un délassement » et il ajoutait :

« Le travail, plus encore que le plaisir, se sauve de la satiété par la variété ».

Poursuivant son oeuvre d’initiation, il invitait ses jeunes confrères à approfondir les questions qui leur étaient posées, en imitant les peintres :

« Le trait, d’abord, puis les ombres, les valeurs, les oppositions ; ensuite le modelé, les vigueurs, les empâtements ; en dernière main, les glacis, les effets, les rappels, ce par quoi la figure « tourne » et jaillit du cadre.....”

Et également en affinant leur culture et en développant leur érudition :

« Tenez-vous-en, toujours, aux principes. Allez aux sources. Peu de livres. Les bons ! »

« L’érudition, ne le perdez pas de vue, est faite de couches superposées que laissent les lectures à la longue ».

« Elle forme l’aliment principal de l’improvisation ».

« L’éloquence ne répand la vie que quand elle est nourrie de doctrine ».

ET MAINTENANT, LA CONSCIENCE ! qui est encore une science, la suprême science, celle de la connaissance de soi qui est, avant tout, pour l’avocat, la voix, le rappel, le signal d’alarme.

Et le très consciencieux Bâtonnier Sylvius DAVID de rappeler tous les devoirs auxquels l’avocat est tenu pour respecter son serment et honorer l’état où il s’est librement engagé, le premier de tous les devoirs étant celui dont on est tenu envers soi-même «afin que soient respectées la dignité et l’intégrité dont votre hermine est l’emblème et faute desquelles on l’arracherait de vos épaules».

Il n’est pas douteux qu’un Bâtonnier d’aujourd’hui dirait la même chose, sans doute de manière différente, simplement en modernisant son discours, mais sans perdre de vue cet idéal professionnel que tout ancien s’efforce de transmettre malgré un scepticisme de plus en plus envahissant.

Le Bâtonnier Sylvius DAVID avait évoqué la profusion des lois, toujours plus nombreuses, toujours plus obscures, imparfaites et contradictoires.

Et cela en 1903 !

Que dirait-il aujourd’hui ?

Et, se préoccupant des difficultés matérielles des jeunes confrères qui se plaignaient sans doute, étant avocats à la Cour, de la concurrence qu’ils subissaient de la part des avocats des barreaux voisins, il leur avait dit :

« J’entends vos doléances. Vous ne changerez pas votre époque ».

« Vous ne pouvez empêcher qu’AIX soit aux portes de MARSEILLE et à quelques heures, par voies rapides, des limites extrêmes du ressort ; qu’avec les besoins croissent les ambitions ; que l’encombrement de la carrière déverse à votre détriment son trop plein et, pour nous placer à un point de vue plus spécial, que le client qui a déjà donné sa confiance à un avocat devant les premiers juges ne la lui conserve en appel, le voyant nourri de sa cause et libre d’accéder à la juridiction supérieure.”

Peut-on encore le dire, après l’avoir déjà dit si souvent dans nos chroniques ?

Décidément : « NIHIL NOVI.........! »

« Retour

Trouver un avocat

Sélectionnez vos critères de recherche

Ordre des avocats à la cour d’appel d’Aix en Provence

5 rue Rifle Rafle
13100 Aix en Provence
Tél : 04 42 21 72 30
Fax : 04 42 21 72 43
Nous contacter

©2009-12 Ordre des avocats à la cour d’appel d’Aix en Provence - Tous droits réservés - Conception et réalisation agence web Answeb