Chronique du temps passé ..ou Histoires du Barreau d'Aix en Provence par Monsieur le Bâtonnier Charles COHEN.
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Qui ne se souvient de cette fameuse et combien triste affaire qui secoua la France entière et qui est devenue l’exemple de l’erreur judiciaire irréparable, car reconnue trop tard ? puisque celui qui en avait été victime avait déjà payé de sa tête le crime d’un autre.
Tout le monde l’a compris.
Il s’agit de Me MORO GIAFFERI, dénommé familièrement le grand MORO, l’un des plus grands avocats qu’ait connu le Barreau français.
De nombreux ouvrages ont été écrits à son sujet, décrivant sa vie riche de multiples expériences, judiciaires bien sûr, mais aussi politiques.
Le Barreau d’Aix est en droit de s’enorgueillir de son passé, si on en juge par la personnalité et le charisme de ceux de ses membres qui l’ont illustré.
Parmi eux et y occupant une place de choix ,se trouve indéniablement le Bâtonnier Alfred JOURDAN ainsi qu’en témoignent non seulement une carrière d’une durée exceptionnelle, mais aussi et surtout, les qualités d’esprit et de cœur de celui qui fut AVOCAT au sens le plus noble du terme.
S’il fut une carrière riche, pleine, dense , reposant sur un engagement total dans la profession d’avocat, ce fut, sans aucun doute celle du Bâtonnier GABRIEL-ARNAUD.
Commencée en 1896, elle s’acheva 52 ans plus tard, en 1947, lorsque contraint par son état de santé, il se trouva dans l’obligation de l’interrompre et de prendre une retraite on ne peut plus méritée.
Quelques années plus tard, le Bâtonnier GABRIEL-ARNAUD disparaissait, recevant un vibrant et chaleureux hommage, lors de ses obsèques le 28 septembre 1951.
Il ne s’agit pas d’une hypothèse d’école, mais de la question qui a été posée au Conseil de l’Ordre, présidé par le Bâtonnier GABRIEL-ARNAUD, dans les conditions suivantes.
Une jeune fille mineure demeurant avec sa mère et le second mari de celle-ci, ayant la qualité de subrogé tuteur, est enlevée à sa famille par des proches au motif qu’elle serait en butte à des sollicitations immorales et obscènes de la part de son beau-père.