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La profession d'Avocat

La déontologie

La Déontologie au quotidien par Monsieur le Bâtonnier Charles COHEN
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Article n°14 > ENSEIGNEMENT DE DEONTOLOGIE ET QUESTIONS D’EXAMEN

L’enseignement de la DEONTOLOGIE, dans les Centres de Formation Professionnelle des Avocats, s’étale, réglementairement, sur quarante heures, sans compter les conférences, colloques ou réunions susceptibles de compléter cet enseignement. La rigueur qu’observent les enseignants les oblige à n’omettre aucun sujet, aucune difficulté, aucune interprétation ou application d’un principe ou d’un simple règle déontologique, ce qui est souvent difficile, tant la matière est complexe dans sa diversité.
Il ne faut pas croire, cependant, qu’il suffit de donner connaissance de la règle ou du principe. Encore faut-il en expliquer l’évolution et, pour tout dire, son histoire. Il faut, encore, en rechercher l’esprit au-delà de la lettre. Cet enseignement, selon nous, exclut la froide logique ou la platitude du propos. La DEONTOLOGIE s’enseigne dans une certaine chaleur du verbe, une conviction profonde de sa nécessité et une conception très engagée et militante de la profession d’avocat. L’enseignant y apporte non seulement son expérience, mais aussi ses expériences, c’est-à-dire son vécu professionnel et sa foi dans les principes qu’il expose et qu’il défend. Il se doit, en même temps, d’engager le dialogue, répondre aux questions, éventuellement aux objections, dissiper les incompréhensions, reconnaître parfois ses propres lacunes et promettre de les combler s’il apparaît qu’il a laissé passer un texte ou une jurisprudence. Une année d’enseignement de la DEONTOLOGIE doit être, pour le futur avocat, pleine de découvertes ou de confirmations ; elle doit éveiller son intérêt pour la profession en l’aidant à la comprendre et susciter même en lui un certain enthousiasme. Ceci n’interdit pas, évidemment, à l’enseignant comme aux enseignés, de penser aux épreuves de l’examen qui les attend à la fin de l’année. Ce qui conduit, bien sûr, à l’étude de cas pratiques, de pièges à éviter et invite à la récapitulation, voire à la répétition des principes enseignés ainsi qu’à la vérification à l’aide de questions-réponses des connaissances acquises sur des points mal compris ou mal assimilés. L’enseignant, si tout s’est bien déroulé ainsi, croit pouvoir miser sur ses élèves et les rassurer sur l’issue de leurs épreuves. Bien sûr, il sait qu’ils ne sont pas à l’abri de chausse-trappes ou de pièges bien tendus, mais il fait confiance aux examinateurs pour que leurs questions ne rendent pas vains tous les acquis d’une longue année de formation. Tel est bien l’esprit des examinateurs qui ne s’en tiendront pas à une réponse maladroite ou à une absence de réponse à une question posée et qui s’efforceront, par d’autres questions, de faire appel à l’intelligence du candidat pour le sauver de son premier faux pas. Mais, parfois, des questions déroutantes viennent déstabiliser le candidat et, à partir de là, ses chances de succès s’amoindrissent de plus en plus. Les examinateurs échangent alors des regards entendus qui n’ont d’autre effet que de désemparer davantage le malheureux candidat. Il serait intéressant d’établir un florilège ou un bêtisier des questions posées et des réponses reçues. Osons le dire, certaines questions pourraient, parfois, décontenancer le plus expérimenté des avocats. En donner des exemples serait peut-être un peu cruel, aussi bien pour les examinateurs que pour les candidats. C’est ce qui rend parfois triste l’enseignant qui, pendant toute une année, a dispensé, non sans effort et persévérance, un enseignement qu’il croyait complet et, en tous cas, suffisant pour que soit affronté l’examen dans des conditions honorables. Et c’est ce qui lui permet de penser que les meilleurs candidats ne seront pas forcément les meilleurs avocats, pas plus que les plus mauvais d’entre eux ne seront, finalement, de si mauvais avocats. S’il fallait, d’un mot, conclure cette réflexion, ce serait celui de MODESTIE. La MODESTIE, pour ceux qui croient tout savoir et n’admettent pas qu’il en soit autrement pour les autres.

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